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Après les cyclones, la remise sur pied de Mayotte se heurte aux fractures sociales

Chantiers, routes en réparation, ouvriers à l’œuvre, grues en action… Mayotte s’anime depuis le 23 juin dernier. De Koungou à Dembéni, l’Etat semble enfin débloquer les fonds. Pourtant, six mois après les cyclones — Chido, le 14 décembre 2024 et Dikeledi, le 12 janvier 2025 — le spectacle reste contrasté. Bâches aux façades, toitures à moitié couvertes, bateaux abandonnés au port de plaisance de Mamoudzou : l’île se relève, mais de façon fragile et inégale.

Face à l’afflux massif de milliards,...

Mayotte. « Les bâches, on les attend toujours » - Reportage

Mayotte, Mamoudzou. Depuis le passage du cyclone Chido le 14 décembre 2024, le caillou brûlant mahorais n’est plus que du papier mâché. Alors que les habitants reconstruisent progressivement leurs habitations dans une chaleur suffocante, l’État a annoncé le redémarrage des opérations de « décasage » qui visent à détruire les bidonvilles de l’île pour en expulser les Comoriens en situation irrégulière sur le territoire.
Les vents de Chido ont soufflé jusqu’à 250 km/h sur le 101e département franç...

Mayotte. Le stress post-traumatique, l'autre ravage après Chido - Reportage

Bandrélé et Mamoudzou, Mayotte. Après le passage du cyclone Chido, le 14 décembre 2024, il a d’abord fallu vérifier que ses proches étaient sains et saufs. Les jours suivants, trouver de l’eau et de la nourriture est devenu un combat quotidien, entre l’absence d’eau courante et les rayons vides des magasins. Les jours passant, les habitants ont tenté de réparer leurs maisons avec des bâches et des tôles. Trois mois plus tard, l’île reste dévastée mais, surtout, les esprits sont durablement marqu...

À Mayotte, « les gens n’aiment pas les Africains » - Reportage

Une timide brise fait oublier le soleil qui tape fort. Dans le quartier de Cavani, devant le stade départemental de la commune de Mamoudzou, la capitale de Mayotte, des matelas en mousse et des tapis sont entreposés sur le sol. Certains sont abîmés, d’autres décomposés. C’est ici, le long de la rue du stade, entre deux trottoirs, que des réfugiés venus de pays de la région des Grands Lacs dorment, survivent et surtout espèrent une vie meilleure.
Armenit de Kwamira (le nom a été changé), un Congo...

Émissions de télévision

Saïd Omar Oili : « Aucune des promesses qui ont été faites aux Mahorais n’a été tenue »

Cette semaine, le Sénat a examiné le projet de loi visant à refonder Mayotte après le passage dévastateur de l’ouragan Chido. Le sénateur de Mayotte, Saïd Omar Oili, a rappelé que la loi d’urgence avait été votée il y a quatre mois, mais qu’« à ce jour, il n’y a toujours pas de bilan ». Pire encore, il confie avoir le sentiment « que les choses s’empirent ». Apparenté au Parti socialiste, le sénateur déplore qu’« aucune des promesses qui ont été faites aux Mahorais n’a été tenue ». Selon lui, « le compte n’y est pas » : alors que le rapport des inspecteurs évoque un besoin de 3,5 milliards d’euros pour reconstruire l’île, Saïd Omar Oili avance un montant bien supérieur, estimé à 6,7 milliards. Par ailleurs, l’un des axes majeurs du projet de loi porte sur la lutte contre l’immigration illégale. Une orientation que le sénateur interprète avec inquiétude : « Je pense que le gouvernement veut faire un laboratoire à Mayotte contre l’immigration clandestine, en vue des élections de 2027. »

Saïd Omar Oili : « L’égalité des chances à Mayotte est inexistante »

Alors que le cyclone Chido dévastait l’île de Mayotte le 14 décembre dernier, un projet de loi d’urgence est examiné ce lundi au Sénat. Selon le sénateur de Mayotte, Saïd Omar Oili, les textes ne retranscrivent pas l’ « urgence » de la situation. Il déplore la lenteur du processus législatif, et défend un amendement visant à « réduire les délais » pour « reconstruire Mayotte ».

Alors que la rentrée des classes a eu lieu il y a une semaine à Mayotte, la ministre de l’Éducation Elisabeth Borne s’est rendue sur place. Le sénateur, parle de « rentrée complétement dégradée ». En effet, ¾ des bâtiments sont détruits ou endommagés et les enfants ne peuvent aller à l’école que deux jours par semaines. Partant de ce postulat, « l’égalité des chances à Mayotte est inexistante » affirme Saïd Omar Oili.

Secours à Mayotte : Saïd Omar Oili demande une commission d’enquête

Un mois après le passage meurtrier du cyclone Chido à Mayotte, le Projet de loi d’urgence pour reconstruire l’île est présenté ce mercredi 8 janvier en conseil des ministres. De son côté, le sénateur RDPI-Renaissance de Mayotte Saïd Omar Oili demande une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur la potentielle insuffisance des « mesures de précaution » prises en amont du cyclone. L’élu espère ainsi une meilleure « gestion en termes de catastrophe et de développement » des Outre-mer, des « territoires vulnérables » selon ses mots.

Le parlementaire s’est ensuite exprimé sur la rentrée des classes à Mayotte, qui doit se dérouler ce lundi 13 janvier. Alors qu’une partie des écoles sont toujours détruites et que certains professeurs ne disposent plus de logement, Saïd Omar Oili juge impossible le retour des élèves en classe. Selon le sénateur RDPI-Renaissance, le cyclone Chido « a mis en lumière le manque d’investissement de l’État dans le département » : « l’égalité des chances n’est pas une réalité à Mayotte », estime-t-il.

À propos

Née à Orléans en 1995, j’ai grandi entre la campagne et la ville, entre la France et l'Espagne. Enfant, j’écrivais déjà des histoires. Après des études de droit, d’histoire et d’ingénierie de l’eau à Aix-en-Provence, Paris et Montpellier, j’ai travaillé comme ingénieure sanitaire à Mayotte et en Guyane.

Lors d'un séjour en Inde, j'ai réalisé mes premières photographies et écrit autour des enjeux liés à la ressource en eau, en cherchant à relier des questions techniques à des récits humains. 

En 2023, le Journal de Mayotte m’a donné ma chance et m’a permis de faire mes premiers pas en tant que journaliste. Depuis, je collabore avec d’autres médias.

Passionnée, j’écris, photographie et enregistre pour faire exister des histoires discrètes et donner une place aux voix que l’on entend trop peu.